Ses poèmes traduisent ce qu’il appelait l’indeterminate beauty de l’Angleterre. Il n’a eu de cesse de parler de son pays. « Pour moi, l’Angleterre, c’est l’Anglicanisme, ses habitants excentriques, ses églises, les associations de femmes, les modestes auberges de villages, les disputesautour des fl eurs à mettre sur l’autel, le bruit de la tondeuse le samedi après-midi, les journaux locaux, les ventes aux enchères locales, la poésie de Tennyson, les trains et la possibilité de se pencher nonchalamment sur les portails des haies pour regarder à travers champs. » Ses vers pleins d’ironie, mais aussi pleins de grâce, sont accessibles au plus grand nombre. « Je dois vous avertir que mes vers sont sans intérêt pour les personnes qui savent penser. » Son sens du comique, une attirance pour les manières du 19ième siècle et un oeil acerbe sur les gens font de J. B. un grand artisan de vers. Il nous montre ce que les anglais chérissent : les jeunes femmes jouant au tennis, les plages de Cornouailles, une dévotion à l’Angleterre traditionnelle. John Betjeman, avec ses personnages sympathiques, célèbre Noel, admire les églises du sud de Londres, et dénonce le progrès qui détruit... C’est un nostalgique, en quête de religion, doublé d’un grand sens de l’humour sur l’étrangeté et les aspects obscur de la vie. De fait, les poèmes sont souvent construits en deux temps : la réalité d’aujourd’hui et la nostalgie d’un temps révolu comme l’envers du décor. Dans ce livre sont réunis ses plus beaux poèmes, comme pour faire un périple à travers l’Angleterre. Nous les avons répartis selon leur orientation géographique : Londres, le sud, la Cornouailles... C’est la première fois que J. Betjeman est traduit en français.